Le cimetière le plus célèbre de Paris est sans conteste le cimetière du Père Lachaise. D’une surface de plus de 44 ha, il n’est pas seulement l’espace vert le plus étendu de la capitale, il est également celui qui recèle le plus de sépultures (70.000) et reçoit le plus de visiteurs (plus de 3 millions par an). Il renferme également une cinquantaine d’essences d’arbres.

Retour sur l’histoire du plus illustre des cimetières parisiens à l’histoire pourtant méconnue. Suivez le guide…

 

Qui était le “Père Lachaise” ?

 

Lorsque Louis XIV débute son règne en 1661, il célèbre plus les plaisirs de la chaire que ceux de l’esprit. Tout en observant les rites et les règles du catholicisme, religion des rois de France et dans laquelle il a été élevé par sa mère, Anne d’Autriche et son parrain, le cardinal de Richelieu, il mène une vie légère en imposant ses maîtresses à la cour. La plus célèbre étant Madame de Montespan, arbitre des élégances et des plaisirs du roi. Mais une fois Madame de Montespan détrônée par Madame de Maintenon, les choses changent. Sous son influence, à partir de 1680, le roi entre en repentance et reprend avec ardeur une vie religieuse. Il est accompagné par son confesseur, le Père François d’Aix de la Chaize, plus connu sous le nom de “Père Lachaise”. Celui-ci tient également le rôle de conseiller et tentera de modérer le roi dans sa lutte contre les jansénistes et lors de la révocation de l’Edit de Nantes (1685).  

 

Le Mont-Louis

 

La place qu’occupe le Père Lachaise auprès du roi pendant 34 ans fait rayonner l’ordre jésuite auquel il appartient et en particulier le domaine du Mont-Louis, situé aux portes de Paris (dans le futur 11ème arrondissement). Ayant appartenu au Moyen-Âge à l’évêque de Paris, le domaine fut racheté en 1430 par un riche commerçant  du nom de Regnault de Wandonne pour y faire construire une maison de campagne, appelée une “folie”. 

 

Les Folies Atlas Historique de Paris

 

Les Jésuites rachètent le domaine deux siècles plus tard pour en faire un lieu de convalescence pour les membres de l’ordre. Le jeune Louis XIV vint y passer quelques heures lors de La Fronde pour assister aux combats. C’est à cette occasion que le futur cimetière du Père Lachaise prend le nom de “Mont-Louis”. Le Père Aix de la Chaize y séjourne souvent -le roi financera une partie de la réhabilitation de la maison d’origine- et y meurt en 1709. Son frère, le Comte de la Chaise, y donne de nombreuses fêtes et contribue largement à son embellissement.

 

Mais l’ordre des Jésuites est contraint de vendre le domaine en 1762, suite à son bannissement de France. Celui-ci fait l’objet de diverses transactions avant de devenir la propriété de la famille Baron en 1771. Le grand parc à la française disparaît, le terrain est morcelé pour être loué à des particuliers qui aménagent des vignes, des vergers et des potagers. Les Baron se gardent l’usage de la maison et du jardin qui l’entoure avant de vendre le domaine, d’une surface de 17 ha à la ville de Paris en 1803.

 

Naissance du cimetière du Père Lachaise

 

En ce début du XIXème siècle, Paris connaît alors un problème de grande ampleur. Suite à la loi de 1765 qui, pour des raisons de salubrité publique, interdit les cimetières en ville, Paris manque de lieu de sépultures. Et la fermeture du cimetière des Innocents en 1780 n’arrange pas les choses. 

 

Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, décrète que “tout citoyen a le droit d’être enterré, sans distinction de race ni de religion”, réglant ainsi le cas des mécréants, des excommuniés (dont les comédiens), des juifs, des protestants…  et des pauvres. Mais il faut attendre le 12 juin 1804 pour qu’un décret impérial fixe les règles d’inhumation et de sépultures ainsi que l’emplacement et l’organisation des cimetières, qui doivent s’installer en-dehors des enceintes des villes.

 

Quatre cimetières voient alors le jour : le cimetière du Père Lachaise (dit alors cimetière de l’Est), celui de Passy (cimetière de l’Ouest), de Montparnasse (au Sud) et de Montmartre au nord. Le préfet de Paris, Louis Dubois, connu pour avoir légalisé les maisons closes, confie dès 1803 la conception du cimetière de l’Est à Alexandre-Théodore Brongniard (architecte du bâtiment de la Bourse). Celui-ci organise le cimetière comme un grand jardin à l’anglaise, avec des allées plantées d’arbres et de plantes variées et ornées de sépultures sculptées. 

 

Le cimetière du Père Lachaise, “the place to be” 

 

Les parisiens sont tout d’abord réticents à enterrer leurs morts dans un endroit réputé populaire et pauvre, et si loin de chez eux (à la place de l’église du quartier). Pour rappel, ces 4 cimetières parisiens étaient à la campagne. On s’y rendait à pied, en charrette ou en voiture à cheval. Si bien qu’en 1804, le cimetière du Père Lachaise ne compte que 13 tombes. Aussi, en 1817, les responsables de l’époque décidèrent-ils d’y transférer les dépouilles de Molière et de La Fontaine. Rapidement suivies de celles d’Héloïse et Abélard, dans un mausolée conçu par Alexandre Lenoir.

 

 

Par Alexandre Lenoir, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=28803991

 

Le succès fut quasi immédiat ! De 2.000 tombes en 1815, ce cimetière de 17 ha passe à plus de 30.000 en 1830. En 1850, le cimetière du Père Lachaise, après diverses acquisitions de terrain, compte 44 ha (43 ha et 93 ares, plus précisément), devenant ainsi le plus grand espace vert de Paris. 

De confessionnel à non confessionnel

 

Par un décret du 12 juin 1804 (23 Prairial An XII), Napoléon oblige les villes à avoir des cimetières confessionnels, ou des carrés confessionnels dans les cimetières existants, permettant aux juifs et musulmans d’être inhumés comme les autres citoyens. Le cimetière du Père Lachaise n’échappe pas à la règle, et comprendra un carré juif (divisions 7 et 87) et un carré musulman (85è division). Cette règle a été abrogée par la loi du 14 novembre 1881, interdisant ainsi les carrés confessionnels et permettant à tous d’être inhumé sans distinction de confession, voire sans confession, au milieu des autres. Ce qui renforça le succès du cimetière du Père Lachaise.

 

Le cimetière du Père Lachaise aujourd’hui

 

Toujours d’une superficie de 44 ha, le cimetière du Père Lachaise compte aujourd’hui 70.000 tombes, 4.000 arbres, une centaine de chats et des oiseaux. Quelques rats et souris aussi, sans doute. Il est un endroit de promenade, autant qu’un cimetière où les sépultures sont parfois des œuvres architecturales. 

 

Les visiteurs à la recherche de tombes célèbres peuvent se recueillir devant celles de Guillaume Apollinaire, Honoré de Balzac, Pierre-Augustin Caron dit Beaumarchais ou encore Sarah Bernhardt, Claude Chabrol, Edith Piaf et Jim Morrison. L’écrivain Colette, le caricaturiste Honoré Daumier mais aussi l’humoriste Pierre Desproges côtoient le mime Marceau, Oscar Wilde ou encore Adolphe Thiers. 

 

En attendant l’avènement de la tombe connectée, qui permettra de découvrir les biographies des célébrités inhumées, on se munit de son plan et on va flâner au cimetière du Père Lachaise pour s’initier à l’art funéraire et à l’histoire de France. Hommes politiques, artistes peintres, journalistes, sculpteurs, comédiens, chanteurs, écrivains… c’est une grande partie de l’histoire politique et artistique française qui s’offre aux yeux des promeneurs. 

 

 

Les monuments du cimetière du Père Lachaise 

 

Se promener au cimetière du Père Lachaise, c’est remonter l’histoire. Car on n’y trouve pas que des tombes mais aussi des monuments funéraires à la mémoire de ceux morts pour la France (Première et Seconde guerre mondiale) ou qui ont souffert des drames de l’Histoire. Lieu de mémoire avant tout, le cimetière du Père Lachaise est aussi un lieu de commémoration dans lequel se déroulent aujourd’hui encore bien des cérémonies à la mémoire d’événements tragiques. 

 

C’est aussi un musée à la gloire du XIXème siècle, époque phare de l’art funéraire, où la partie dite “romantique” (divisions 4 à 34, 36 à 39, 47 à 58, 65 à 71, 73 à 75 et une partie de la division 76) est un site classé depuis le 17 décembre 1962. Et plusieurs monuments funéraires ont été inscrits ou classés comme monuments historiques entre 1983 et 2008. 

 

Être enterré au Père Lachaise

Le cimetière du Père Lachaise n’est pas un musée à ciel ouvert. Il continue à être un cimetière dans lequel se déroulent toujours des cérémonies. Victime de son succès, il n’y reste plus de place et s’y faire inhumer relève du parcours du combattant. Les places y sont chères et les conditions drastiques. Il faut habiter la capitale, y mourir ou y détenir un caveau de famille déjà érigé. Sans compter le coût : compter 10.911€ pour une concession perpétuelle de 1mx2m, 3.441€ pour 50 ans et 2.239€ pour 30 ans. En tarif de base, car le prix augmente tous les ans. Et même en remplissant les conditions, l’inhumation au cimetière du Père Lachaise reste compliquée, car il est principalement réservé aux personnes célèbres. Quant à la crémation, elle y est également délicate, faute de trouver facilement un interlocuteur dédié. 

 

Quoi qu’il en soit, si l’inspiration vous vient lors de votre visite du cimetière du Père Lachaise, notre bureau d’études est là pour vous accompagner dans la personnalisation de votre monument funéraire. N’hésitez pas à nous contacter

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