La révolution digitale envahit tous les domaines, y compris celui du souvenir de nos disparus puisqu’est apparue depuis quelques années la tombe connectée. Si elle fait fureur aux USA et au Japon, la digitalisation de nos monuments funéraires n’est pas encore très répandue sous nos latitudes. Mais cette technologie fait une timide apparition dans nos cimetières. 

 

https://www.focusur.fr/societe/2017/07/18/la-tombe-connectee-la-technologie-nous-suis-meme-apres-la-mort/

 

 

Tombe connectée ?

 

Jusqu’à présent, les proches qui souhaitaient se servir du digital pour entretenir la mémoire de leurs chers disparus pouvaient alimenter une page Facebook. Aujourd’hui, le digital et la technologie des smartphones font entrer la tombe elle-même dans la révolution numérique. La tombe connectée n’est rien de moins que la gravure ou le collage d’un QR code sur le monument funéraire ; code que les visiteurs peuvent ensuite scanner avec leur smartphone pour avoir accès aux fichiers mis en ligne par les proches. Ceux qui souhaitent garder un caractère confidentiel à ces souvenirs et n’en autoriser l’accès qu’à l’entourage peuvent sécuriser ces informations grâce à un mot de passe. 

 

Que peut-on y mettre ? 

 

Vidéos, photos, textes, témoignages, musiques, liste de livres préférés… tout ce qui permet de garder en mémoire les plus beaux souvenirs de la personne décédée peut être mis en ligne. Les témoignages inscrits sur le livre d’or peuvent aussi y être retranscrits. C’est aux proches de sélectionner ce qui leur semble emblématique et de choisir l’accès à donner. Public ou restreint ? Les deux sont possibles et se défendent, c’est une affaire de sensibilité  personnelle. Il faut néanmoins garder à l’esprit qu’en choisissant de ne pas mettre un accès restreint aux informations, chaque visiteur du cimetière pourra prendre connaissance de la vie du défunt. 

 

 

Un témoignage vivant 

 

Véritable album vivant de la mémoire, la tombe connectée est un nouveau procédé pour faire connaître la personne défunte. Et l’occasion de prolonger l’échange qui a souvent lieu le jour de l’enterrement. En particulier avec les jeunes enfants qui ne l’auront que peu ou pas connue. Une fois le QR Code scanné, ces derniers pourront visionner depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur les plus jolis moments de sa vie par le biais de photos, vidéos, musiques… et cela ne manquera pas de faire surgir de nombreux souvenirs et commentaires à partager, comme lorsque l’on tourne les pages d’un album photos. Album auquel peut-être tout le monde n’a pas accès. Aussi, ce peut être l’occasion de faire revivre un grand-parent qu’ils n’auront que peu côtoyé, pour des questions d’âge, de localisation…, et de recréer, l’espace d’un instant, une atmosphère joyeuse et chaleureuse autour du souvenir. Pour le visiteur extérieur, si l’accès aux informations n’est pas restreint, c’est l’occasion de dérouler une tranche de vie jusque-là inconnue et de rendre proche quelqu’un qui ne l’était pas. La tombe connectée est aussi pour l’entourage l’occasion de mettre l’accent sur des actions remarquables, dont la notoriété était auparavant limitée au cercle familial ; un engagement bénévole fort, l’écriture d’un livre, des faits de guerre, un prix remporté… 

 

La tombe connectée peut être vue comme un pont entre les vivants et les morts et un moyen de perpétuer un souvenir vivant. 

 

Autre avantage : la tombe connectée permet aussi aux visiteurs de laisser leur propre témoignage en écrivant dans un livre d’or virtuel que tous ceux qui ont un accès pourront consulter. Ainsi la mémoire mise en ligne sera-t-elle enrichie au fur et à mesure des jours qui passent. 

 

Si cet art mortuaire technologique peut inquiéter les plus réticents au digital, il semble, dans les pays où il est répandu, très bien accepté par les “digital natives”. Pour des raisons de sécurité et de déontologie évidentes, une équipe d’administrateurs est chargé de vérifier le contenu mis en ligne ; aussi le risque de détournement est-il faible. 

 

La tombe connectée au service de l’Histoire

 

Si cette nouvelle technologie est encore peu connue du grand public, elle est étudiée de près par les responsables des cimetières historiques qui renferment des sépultures célèbres. Comme les musées, qui sont de plus-en-plus nombreux à proposer des outils numériques pour compléter la visite de leurs salles, les cimetières voient dans la tombe connectée un moyen moderne de faire connaître aux visiteurs la vie d’un défunt illustre. En scannant le QR code, le promeneur aura accès à la biographie complète, des portraits, des textes (s’il s’agit d’un écrivain), des musiques (s’il s’agit d’un musicien), des extraits de reportages ou des articles encyclopédiques, ce qui rendra la visite d’un cimetière encore plus intéressante. La tombe connectée deviendra ainsi un outil de connaissance et de culture générale extrêmement séduisant, en particulier pour les jeunes et les visiteurs étrangers. 

 

Le cimetière du Père Lachaise, cimetière-musée par excellence, ou la nécropole royale de Saint-Denis, dans laquelle reposent les sépultures de nos rois, de membres de la famille royale ainsi que de quelques grands serviteurs de l’Etat comme Bertrand du Guesclin ou Gaspard de Coligny, pourraient trouver là de quoi séduire leurs visiteurs et élargir leur audience en racontant l’Histoire de France à travers ses personnages célèbres.

 

Gisant de Bertrand du Guesclin, l’homme aux 4 tombeaux, Connétable de France, inhumé à Saint-Denis en hommage aux services rendus à son roi, Charles V

 

La tombe connectée face aux réticences des Français

 

Force est de constater que si la tombe connectée connaît un grand succès aux USA, au Japon et en Grande-Bretagne, elle est encore peu développée en France. Elle suscite des inquiétudes notamment au niveau de la sécurité des informations mises en ligne.  Il est aussi question de leur conformité avec les dispositions légales : le sénateur du Loiret, Jean-Pierre Sueur s’était ému en 2014 de la mise en œuvre de cette technologie. Le contrôle du maire, qui a l’obligation légale de s’assurer du respect de l’ordre public et de la dignité des lieux et du défunt, lui paraissait difficile à exercer sur des informations mises en ligne, modifiables à tout moment et accessibles facilement au moyen d’un smartphone. 

 

Si le coût d’une tombe connectée avoisinait les 200€ pour un pack de base il y a encore 5 ans, on trouve maintenant des montants avoisinant les 95€, notamment auprès de la société Adangelis, qui propose une mise en ligne simple de ce mémorial virtuel.

 

Un problème, mais de taille : si la société qui gère le site ferme, les données ne sont plus accessibles, et peuvent être perdues. Il faut donc soigneusement se renseigner sur la pérennité de la société à laquelle on s’adresse avant de signer le contrat ! Un des meilleurs exemples est le QR code apposé par la société Epitag sur la tombe du danseur Rudolph Noureev, qui malheureusement ne mène plus nulle part, suite à la disparition de la société. 

 

QR code apposé près de la tombe du danseur Rudolph Noureev à Sainte Geneviève des Bois

 

En conclusion

 

Bien plus qu’un gadget ou qu’une mode, la connexion d’un monument funéraire à un espace digital de souvenirs correspond à des choix personnels ou familiaux. La technologie permet de partager avec les générations à venir la richesse et le témoignage d’une vie. L’importance de ce projet impose de s’assurer de la légalité, de la sécurité et de la pérennité d’un service dont l’offre devient chaque jour plus diverse et plus abordable.

 

Et vous, que pensez-vous de ce mémorial virtuel ? Tentés ?

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