Le concept de “sépulture” ajoute à celui d’inhumation volontaire l’activité funéraire qui préside à l’enterrement d’un mort.

La préhistoire – Histoire et Dictionnaire sous la direction de Denis Viallou

 

 

Preuves de l’émergence d’une certaine culture, les premières sépultures sont datées de -100.000 ans av JC et ont été découvertes en Israël et en Egypte. Les corps ont été retrouvés recroquevillés et entourés d’objets, preuves d’une inhumation volontaire. Mais c’est l’apparition des monuments funéraires, avec une architecture dédiée, qui inscrit durablement la présence des défunts dans le paysage.

 

 

Le monument funéraire, témoin des civilisations

 

Depuis les premières tombes, et dans toutes les civilisations, la mort est imaginée, préparée et mise en scène par les vivants pour les vivants. Elle se pense à l’aune de la vie et ses rites sont représentatifs de la civilisation qui les pratique. 

 

La mort est peu ou pas évoquée chez les Mésopotamiens. Peut-être pour préserver l’idée d’une civilisation protégée par les dieux et indestructible ? Les nécropoles retrouvées n’ont pas le faste et la grandeur de leurs voisins égyptiens. Néanmoins, le caveau funéraire se doit d’être inviolable et sacré. Comme dans toute civilisation, le monument funéraire est le reflet de la fortune du défunt : caveau en brique, avec parfois des chambres funéraires pour y entreposer les objets du mort pour les plus riches, ou simples jarres voire un couvercle posé sur le corps pour les plus pauvres. Il est arrivé que l’on retrouve une douzaine de corps enterrés les uns sur les autres. Mais dans tous les cas, les caveaux étaient rendus inaccessibles, les Mésopotamiens tentant même de préserver les dépouilles des incidents naturels. 

 

Si une civilisation a porté l’art funéraire au pinacle, c’est bien la civilisation égyptienne antique. Leurs monuments funéraires sont visités par le monde entier et témoignent d’un raffinement inégalé. Que les tombes aient été creusées dans la roche ou érigées en pyramide, elles sont toutes organisées comme un lieu de vie éternelle. Le devoir d’un égyptien est, avant toute chose, de préparer sa mort et de prévoir son tombeau, futur lieu de sa vie dans l’au-delà. Car les égyptiens croyaient à la vie éternelle et redoutaient le moment de la pesée de leur cœur (où réside l’âme) devant Osiris. Le monument funéraire égyptien a deux fonctions principales : conserver intact le corps momifié et rendre un culte au défunt. Son architecture en est le reflet. D’une part, une chambre funéraire non accessible au vivant après l’enterrement, d’autre part une chapelle, ou temple funéraire, pour y déposer les offrandes nécessaires à la survie du défunt. 

 

 

 

Les tours de silence, monuments funéraires des Perses

 

Comme les Egyptiens, les Perses croyaient en la vie éternelle. Au cours du 1er millénaire av. JC, l’apparition du zoroastrisme donne naissance aux “tours de silence” ou dakhma. Pour eux, lors de la mort, l’âme devenait immortelle et était emportée par le vent au bout de 3 jours pour y être jugée par 3 juges. Le corps, lui, était considéré comme impur et ne pouvait donc être livré ni au feu, ni à la terre, ni à l’eau sous peine de souiller l’un des 3 éléments. Il était donc déposé en hauteur du monument funéraire pour y être livré aux charognards et au soleil. Les grandes tours comportaient un cercle extérieur où étaient déposées les dépouilles des hommes, un cercle intermédiaire pour les femmes et enfin un troisième cercle pour les enfants. Les ossements, une fois nettoyés des chairs, étaient déposés au centre de la tour, sans distinction d’identité ni de sexe.

 

 

Les Parsis, descendants des Perses et réfugiés, après la conquête musulmane, dans la région de Mumbaï, pratiquent toujours ce rite funéraire, en voie de disparition à cause de la chute démographique des vautours. 

 

 

Nécropoles, crémation et inhumation, l’art funéraire chez les antiques 

 

Pour les Grecs, il était impensable de laisser un corps sans lui rendre les honneurs funèbres et sans sépulture, au risque de voir l’âme errante venir tourmenter les vivants. Après une toilette mortuaire, le corps était exposé sur un lit d’apparat au milieu des cris et lamentations rituels pendant une journée. Puis il était transporté vers la nécropole, accompagné d’instruments de musique et des pleureuses, avant d’être inhumé dans un tombeau souterrain ou aérien. 

 

Les premiers monuments funéraires de la Grèce Antique connus sont des vases à taille humaine qui ornaient les tombes des aristocrates et qui ne remontent qu’au VIIème s. av. JC. Avant cela, les tombes étaient anonymes, vaguement signalées par une pierre grossièrement taillée. Il faut attendre -650 pour voir apparaître des stèles gravées et des statues édifiées au sommet des tumulus où reposaient les dépouilles. Les plus pauvres, et en particulier les esclaves, en Grèce comme chez les Romains, étaient le plus souvent jetés dans des fosses communes, sans cérémonie. Comme les Grecs qui enterraient leurs morts en-dehors de la ville, les Romains ont créé de grandes nécropoles le long des routes, composées de tombeaux pour les plus riches et de pierres tombales pour les autres. Le monument funéraire devient ainsi le symbole de la puissance non seulement du défunt mais aussi de sa famille. 

 

De par l’influence des conquêtes et des échanges commerciaux, on retrouve sensiblement les mêmes modes de sépultures en Afrique du Nord, à savoir des nécropoles alternant tombeaux collectifs et sépultures individuelles, nées de l’influence de Carthage et de la Phénicie. 

 

Si les Gaulois inhumaient leurs morts, parés de leurs armes et de leurs bijoux au Vème s. av. JC, ils adoptèrent la crémation au IIIème s. et se mirent à enterrer les cendres dans des petites fosses. Seuls les aristocrates avaient droit à une chambre funéraire aménagée comme leur demeure, surmontée d’un tertre ou d’un mausolée. Quant aux plus humbles, ils n’avaient généralement pas droit à une sépulture. Pour rappel, les dolmen sont des monuments funéraires préhistoriques servant de tombes collectives, construits entre la fin du Vème millénaire. et la fin du IIIème millénaire av. JC et non des monuments gaulois. 

 

 

En Europe, l’avènement du christianisme fait du monument funéraire un art à part entière

 

L’avènement du christianisme change les pratiques, du moins en Europe, donnant à l’Eglise un rôle prépondérant puisqu’elle accompagne l’individu tout au long de sa vie et jusque dans la mort. Les premiers chrétiens, persécutés par les Romains, étaient inhumés dans des catacombes, dépouillés de tout signe de richesse ou d’appartenance sociale. Les enterrements se voulaient sobres et humbles, loin du faste des enterrements romains. Il faut attendre le IIIème siècle pour voir réapparaître les distinctions de classe en même temps que naît le culte des martyrs et des saints. Les catacombes sont progressivement abandonnées au profit d’édifices plus imposants et plus riches. Puis les cimetières remplacent les nécropoles et sont installés au cœur des villes et des villages. Les plus méritants et les plus riches peuvent être enterrés au sein des églises mais les plus humbles sont toujours destinés à la fosse commune. Les cérémonies se développent, ainsi que les monuments funéraires, qui (re)deviennent un signe d’appartenance sociale, les emblèmes indiquant le rang et la fonction y étant souvent gravés, et un témoignage de la piété du défunt. En effet, les élites se font représenter en gisant, c’est-à-dire allongées, les mains jointes tenant un livre, généralement de prières. Entre le Vème et VIIème s. ap. JC, on enterre encore les morts avec leurs armes et leur mobilier, comme chez les Francs, mais cette pratique disparaît progressivement au VIIIème siècle. 

 

Le XVIIIème siècle voit des changements profonds de l’art funéraire. Sous l’influence de la Faculté de médecine, les cimetières sont repoussés à l’extérieur des villes pour des raisons de salubrité publique ; on y interdit de creuser des puits, on les entoure d’un mur délimitant l’espace. Le cimetière, jusque-là lieu de rencontres, devient un lieu de visite des morts. Mais c’est au XIXème siècle que le monument funéraire prend toute son ampleur. Il devient artistique et souvent monumental. Car les caveaux sont non seulement destinés à montrer l’aisance de la famille, mais aussi sa position sociale et sa notoriété. D’exception, le monument funéraire devient presque une obligation sociale pour les plus aisés, permettant ainsi le développement d’un véritable art funéraire, qui donne lieu à des créations parfois très spectaculaires. 

 

 

 

Le XXème siècle, l’ère de la normalisation 

 

C’est après la Première guerre mondiale que l’art funéraire décroît. La pierre tombale prend le pas sur l’édification de chapelles ou de monuments spectaculaires recouvrant le caveau de famille, la distinction entre riches et pauvres diminue. Une certaine standardisation s’impose avec la pose d’une simple pierre tombale et l’inscription d’une épitaphe. Dépouillés de leurs fastes, et de leurs excès, les monuments funéraires d’aujourd’hui font de nos cimetières des lieux progressivement réduits à un espace banal, monotones bien que nécessaires, un simple équipement collectif de nos villes et villages. Les mentalités changent, la pratique de la religion s’essouffle et avec elle, l’art funéraire. 

 

Cependant, on observe depuis peu l’émergence du désir de se sortir de la banalité et de se réapproprier le monument funéraire en le personnalisant. Grâce à son bureau d’études, GPG Granit vous accompagne dans l’édification d’un monument qui vous sera propre et unique, dans le respect de vos volontés ou celles du défunt que vous représentez. N’hésitez pas à nous solliciter, nous nous tenons à votre disposition.

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