Cimetière communal : définition, droits et types de concession
- Un service public communal : le cimetière communal appartient à la commune et est géré par la mairie, sans délégation possible à une entreprise privée.
- Quatre situations ouvrent le droit à l’inhumation : décès dans la commune, domicile dans la commune, inscription sur les listes électorales (pour les expatriés) ou concession familiale existante.
- Le terrain commun est gratuit : chaque commune garantit une sépulture pour une durée minimale de cinq ans, même sans concession.
- La concession est un droit d’usage, pas un achat de terrain : la commune reste propriétaire de l’emplacement.
Le cimetière communal est un lieu de sépulture géré par la mairie d’une commune : il relève d’un service public assuré uniquement par la commune, pour accueillir les défunts ayant un lien avec elle. C’est dans ces lieux que la plupart des familles françaises organisent l’inhumation d’un proche, en concession ou, plus rarement, en terrain commun, avec des services encadrés par des règles précises.
Dans cet article de blog, nous aidons les familles à comprendre les droits d’inhumation, les conditions d’accès, les différences entre terrain commun et concessions, les durées possibles, les coûts, les démarches à effectuer et les principales règles de gestion, d’entretien et de renouvellement des sépultures.
L’objectif est de vous permettre d’avancer plus sereinement dans vos choix, au bon moment, avec des repères clairs sur la réglementation, le budget et les interlocuteurs à contacter.
Qu’est-ce qu’un cimetière communal ?
Un cimetière communal est un espace public appartenant à une commune et destiné à recevoir les corps des personnes décédées. Chaque commune a l’obligation légale de disposer d’au moins un cimetière communal, service public ouvert à la population relevant de la commune, qui regroupe des services funéraires comme l’inhumation et, selon les cas, la crémation.
Il ne faut pas le confondre avec d’autres formes de cimetières :
| Type de cimetière | Qui le gère ? | Particularité |
|---|---|---|
| Communal | Une seule commune (la mairie) | Le cas le plus fréquent en France |
| Intercommunal | Plusieurs communes regroupées | Mutualisé entre villes voisines |
| Privé (confessionnel ou familial) | Une association, une congrégation ou une famille | Très rare, souvent ancien |
Le cimetière communal reste, de loin, le mode de sépulture le plus courant. Son fonctionnement est encadré par la loi (le Code général des collectivités territoriales) et par un règlement intérieur propre à chaque commune, que vous pouvez demander en mairie.
Qui a le droit d’être inhumé dans un cimetière communal ?
C’est une question essentielle, car on ne peut pas choisir librement n’importe quel cimetière. La loi réserve le droit à l’inhumation à quatre catégories de personnes :
- La personne décédée dans la commune, quel que soit le lieu où elle habitait.
- La personne domiciliée dans la commune, même si elle est décédée ailleurs.
- La personne inscrite (ou pouvant l’être) sur les listes électorales de la commune, si elle vivait à l’étranger.
- La personne disposant d’une concession familiale déjà existante dans le cimetière.
Si le défunt n’entre dans aucune de ces situations, la famille peut tout de même déposer une demande auprès de la mairie. Mais le maire est en droit de la refuser, par exemple par manque de places disponibles. Ce fonctionnement est encadré par la loi, avec des conditions précises : la réglementation fixe aussi des règles de respect, de sécurité et d’accessibilité des lieux, dans le respect des principes de la laïcité. Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez notre article Peut-on choisir son cimetière pour une inhumation ?.
Concession ou terrain commun : deux façons d’être inhumé
Dans un cimetière communal, deux solutions existent. Elles sont très différentes.
Le terrain commun : la sépulture gratuite garantie
Chaque commune a l’obligation de fournir gratuitement un emplacement à toute personne qui y a droit, même sans concession. C’est ce qu’on appelle le terrain commun (autrefois nommé « carré des indigents »). Cet emplacement est accordé pour une durée minimale de cinq ans. Passé ce délai, la commune peut reprendre le terrain pour le réattribuer.
Le terrain commun est une garantie sociale : personne ne peut se retrouver sans sépulture faute de moyens. En revanche, l’emplacement n’est pas choisi par la famille et n’est pas pérenne.
La concession funéraire : un emplacement réservé et durable
La concession funéraire est un droit d’usage d’un emplacement, accordé par la commune contre paiement. Dans un cimetière communal, ce type de sépulture correspond en pratique à une inhumation en terre pour cercueils. Attention à une idée reçue fréquente : la famille n’achète pas le terrain. La commune en reste propriétaire ; la concession donne seulement le droit d’utiliser cet emplacement pendant une durée définie.
C’est sur cet emplacement que la famille peut ensuite faire poser un caveau et des monuments funéraires, avec un choix de pierres et une disposition adaptés aux tombes selon les règles communales. Si vous vous interrogez sur le type de monument, notre guide sur les différents types de stèles funéraires peut vous aider.
« Beaucoup de familles pensent devenir propriétaires du terrain : ce n’est pas le cas. Une concession, c’est un droit d’occuper un emplacement pour une durée donnée. Bien le comprendre évite les mauvaises surprises au moment du renouvellement, et aide à choisir une durée réellement adaptée aux souhaits de la famille. »
Julie Jouan – Coordinatrice Qualité

Les types de concessions dans un cimetière communal
Une concession se choisit selon deux critères : les personnes qui pourront y être inhumées, et sa durée.
Selon les bénéficiaires
- Concession individuelle : réservée à une seule personne, celle qui l’a acquise.
- Concession collective (ou nominative) : réservée aux personnes nommément désignées dans le contrat.
- Concession familiale : réservée à la personne qui l’a acquise (le fondateur) et aux membres de sa famille directe, conjoint compris.
À noter : le nombre de « places » annoncé ne correspond pas à un droit ferme, mais donne une indication du volume de la concession.
Selon la durée
La durée est fixée au moment de l’acquisition et court à partir de cette date :
| Type de concession | Durée |
|---|---|
| Temporaire | De 5 à 15 ans |
| Trentenaire | 30 ans |
| Cinquantenaire | 50 ans |
| Perpétuelle | Illimitée, tant qu’elle est entretenue et qu’il reste des héritiers |
Toutes les communes ne proposent pas tous les types de concession : certaines ont, par exemple, supprimé les concessions perpétuelles par manque de place.
Combien coûte une concession dans un cimetière communal ?
Le prix d’une concession est fixé librement par le conseil municipal de chaque commune. Il varie donc fortement d’une ville à l’autre, et peut aussi dépendre de l’emplacement choisi dans le cimetière. Ce tarif ne couvre que le droit d’occuper le terrain : il ne comprend ni le caveau, ni le monument funéraire, ni la cérémonie, ni les autres services liés aux obsèques.
Pour comprendre en détail ce budget, consultez notre article dédié : Quel est le prix d’une concession en cimetière ?.
« Le coût de la concession n’est qu’une partie du budget. Il faut ensuite prévoir le monument, qui reste dans le temps le repère de la famille. Mieux vaut anticiper cette étape sereinement, sans la précipiter au moment du deuil, pour choisir une pierre et une personnalisation qui ont du sens. »
Farah NABATI, Offre produit

Au terme de certaines concessions, les conditions de renouvellement dépendent de la commune, et que pour certaines concessions perpétuelles, l’entretien peut aussi être pris en compte en pratique.
Quelles démarches pour obtenir une concession ?
Les démarches sont simples et se font toujours auprès de la mairie dont dépend le cimetière.
- Vérifier le droit à l’inhumation dans la commune (voir les 4 situations ci-dessus).
- Consulter le règlement intérieur du cimetière, disponible en mairie.
- Choisir le type et la durée de la concession selon les souhaits de la famille et l’offre de la commune.
- Faire réaliser le monument funéraire par un marbrier, une fois l’emplacement attribué.
En pratique, lors d’un décès, ce sont souvent les pompes funèbres qui accompagnent la famille dans ces démarches et font le lien avec la mairie.
Que devient une concession à son échéance ?
À la fin d’une concession temporaire, trentenaire ou cinquantenaire, la famille peut la renouveler. Si elle ne le fait pas, la commune peut reprendre l’emplacement après un délai légal. Pour les concessions perpétuelles laissées à l’abandon, une procédure de reprise encadrée existe, mais elle est longue et strictement réglementée. Renouveler à temps est donc la meilleure façon de préserver la sépulture d’un proche.
FAQ : vos questions sur le cimetière communal
Un cimetière communal est-il gratuit ?
Pas totalement. La commune a l’obligation de fournir gratuitement un emplacement en terrain commun, pour une durée minimale de cinq ans. En revanche, une concession (emplacement réservé et durable) est payante : son prix est fixé par le conseil municipal et varie selon la commune.
Peut-on être enterré dans une commune où l’on n’habite pas ?
Oui, dans certains cas. Le droit à l’inhumation est ouvert si la personne est décédée dans la commune, si elle y était domiciliée, si elle est inscrite sur ses listes électorales (pour les Français de l’étranger) ou si elle dispose d’une concession familiale sur place. En dehors de ces situations, une demande reste possible, mais le maire peut la refuser, notamment par manque de places.
Quelle est la différence entre un cimetière communal et un cimetière privé ?
Un cimetière communal appartient à une commune et constitue un service public géré par la mairie. Un cimetière privé (familial ou confessionnel) est géré par une famille, une association ou une congrégation. Ces cimetières privés sont très rares en France et souvent anciens.
Que se passe-t-il si une concession n’est pas renouvelée ?
À l’échéance d’une concession temporaire, trentenaire ou cinquantenaire, la famille dispose d’un délai pour la renouveler. Sans renouvellement, la commune peut reprendre l’emplacement après un délai légal, puis le réattribuer. Renouveler à temps reste le meilleur moyen de préserver la sépulture d’un proche.
Qui gère un cimetière communal ?
C’est la commune, via la mairie, qui gère seule le cimetière communal. Cette mission de service public ne peut pas être déléguée à une entreprise privée. Le maire est responsable de la police du cimetière, de l’attribution des concessions et du règlement intérieur.