Perdre un proche est une étape douloureuse à laquelle nous sommes tous confrontés au cours de notre vie. Selon la situation et le degré d’intimité avec la personne défunte, la perte de l’être cher peut être difficile à gérer : le deuil est un véritable processus qui demande du temps et un travail sur soi-même. Toutefois, malgré la difficulté rencontrée, il est possible de surmonter une telle épreuve : c’est le principe même de résilience, notamment développé par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Quelles sont les étapes qui permettent de faire son deuil de manière apaisée ? Comment parvenir à accepter la mort d’un proche et continuer d’aller de l’avant ? Nos conseils vous donnent des clés pour réussir à passer l’épreuve du deuil avec sérénité.

 

Le deuil en question

 

Le deuil possède actuellement plusieurs significations dans le langage courant : on l’invoque pour illustrer un état affectif lié au décès d’un proche, mais aussi pour évoquer la période de tristesse, de chagrin et de douleur qui succède à cette disparition – le mot deuil provient d’ailleurs du latin « dolus », déverbal de « dolere », qui signifie souffrir.

 

Depuis l’époque contemporaine, les travaux psychanalytiques ont également permis d’élargir la signification du mot, qui était alors uniquement lié à la mort, pour lier le deuil à la perte de manière plus générale, qu’il s’agisse de la disparition d’une personne physique ou d’un objet abstrait. Freud lui-même définissait le deuil comme une « réaction à la perte d’une personne aimée ou d’une abstraction mise à sa place, la patrie, la liberté, un idéal, etc… ». On parle d’ailleurs de faire son deuil de quelqu’un ou de quelque chose.

 

Une étape difficile mais pas insurmontable

 

Dans son ouvrage « Deuil et mélancolie » (1915), le père de la psychanalyse s’est longuement intéressé au processus du deuil. Il y évoque le deuil comme une « maladie naturelle » qui va traverser la personne endeuillée face à la perte irrémédiable d’un objet. De nos jours, l’éminent psychiatre, psychologue et psychanalyste Michel Hanus précise que, si « le deuil n’est certes pas une maladie, il met celui qui le vit dans un état de déséquilibre traumatique que l’intéressé ressent comme inhabituel, étrange et presque maladif ».

 

Freud décrit par ailleurs le deuil comme un véritable travail psychique à accomplir. Pour le célèbre neurologue autrichien, cette épreuve de réalité spécifique est difficile à vivre mais reste surmontable. La période de deuil est alors considérée comme une étape qui va permettre à celui qui la vit de se reconstruire.
Plus tard, en popularisant le concept de résilience (désignant notre capacité à tous à pouvoir résister aux traumatismes, comme celui provoqué par la perte d’un être cher), Boris Cyrulnik réaffirmera cette idée : bien que le chemin soit souvent long, il est possible de faire son deuil d’un parent, d’un proche, d’un père, d’une mère, d’un époux ou d’une épouse. Et, malgré la douleur, de continuer à vivre tout en pensant à la personne absente.

 

Identifier les 5 grandes étapes (possibles) du deuil

 

 

Le décès d’un proche affecte fortement la grande majorité des personnes qui y sont confrontées. Il est donc toute à fait normal, dans un premier temps, de se sentir abasourdi, voire terrassé par la perte de l’être cher. Les psychologues, psychiatres et psychothérapeutes spécialistes de la question distinguent 5 grandes étapes rencontrées par les personnes endeuillées. Ces différents états par lesquels chemine la personne endeuillée ne sont pas à redouter ni à refouler, mais à accepter. C’est de cette façon que vous parviendrez plus aisément à la dernière étape du deuil : l’acceptation.
Identifier les 5 étapes du deuil peut donc vous aider à mieux appréhender ce moment difficile de vote vie. Bien sûr, chaque individu éprouvera des sentiments différents : ces étapes sont communes mais ne sont pas systématiques, ni linéaires pour tout le monde.

 

  • Le choc : apprendre le décès d’un proche provoque un véritable choc qui implique de fortes manifestations émotionnelles (parfois contradictoires) et un éventuel abattement
  • Le déni : face au traumatisme, il est fréquent de rejeter la douleur et de tenter de nier la réalité pour se protéger
  • La colère : à la tristesse et au déni succède généralement la colère ; le psychologue Yves Philippin estime que cette colère est essentielle à la personne endeuillée pour continuer le processus de deuil
  • La dépression : la perte d’un proche provoque très souvent une phase de repli sur soi-même durant laquelle la douleur se ressent autant sur le plan physique que social et émotionnel. Cette étape étant centrale dans le travail du deuil, il est important de l’accepter mais de ne pas s’y réfugier trop longtemps
  • L’acceptation : la dernière étape du deuil correspond à la phase d’acceptation durant laquelle la personne endeuillée va commencer à pouvoir penser au défunt tout en se reconstruisant

 

Rappelons que ces grandes étapes ne sont pas figées : le deuil est un processus de guérison et de reconstruction non normé qui sera ressenti de manière différente par chacun. Michel Hanus précise cette pensée : « chaque deuil est particulier du fait que chaque relation est unique, et c’est la nature de cette relation qui a plus grande influence sur le déroulement, le vécu et les issues du deuil ».

 

Nos conseils pour faciliter le deuil

 

Bien que chacun réagisse différemment face au décès d’un être aimé, il existe des attitudes à adopter qui, généralement, peuvent permettre de mieux accepter le décès d’un ami, d’un proche ou d’un parent, et participent à diminuer la douleur ressentie. Bien sûr, plusieurs variables (âge du défunt, type relation, proximité, culture) auront une incidence sur votre capacité à mettre en place ces « stratégies de deuil ».

 

Communiquer avec les autres et extérioriser sa peine

 

Une grande douleur psychique nous pousse souvent à nous replier sur nous-même. Si cela est un passage obligé, il est important de ne pas s’enfermer dans cette attitude de repli. Au contraire, il est conseillé de ne pas hésiter à partager sa douleur avec ses proches et extérioriser le plus possible ses émotions. Partager ce que l’on ressent et éviter de s’isoler sont les moyens les plus efficaces pour parvenir à accepter la perte et à évacuer la douleur.

 

Se laisser du temps et accepter la douleur

 

Comme nous l’avons vu, le deuil est un processus complexe qui demande du temps. Il est donc essentiel de ne pas être trop exigeant envers soi-même, et d’accepter avec bienveillance son propre état de fragilité. L’important est de s’écouter et de prendre conscience que la situation s’améliorera avec le temps.

 

Ne pas s’arrêter de vivre et continuer ses activités

 

Il est normal, au tout début du deuil, de ne pas être en mesure de garder son rythme de vie habituel. Mais, pour parvenir à surmonter cette épreuve, cette période ne doit pas s’étirer dans le temps. Reprendre vos activités, même si cela est difficile, peut vous aider à vous libérer de la douleur et à prendre du recul sur la situation. Bien sûr, là encore, tout dépendra du lien partagé avec la personne défunte ; chaque individu aura besoin d’un temps différent pour reprendre sa vie « d’avant ».

 

Demander de l’aide si nécessaire

 

Il existe aujourd’hui plusieurs associations spécialisées dans le soutien des personnes endeuillées. Si vous ne parvenez pas à surmonter le deuil d’un proche ou d’un parent, vous pouvez faire appel à leurs services. L’association Empreintes, par exemple, a un développé un dispositif d’accompagnement reconnu par le gouvernement. Elle propose notamment des plateformes d’écoute qui peuvent vous aider à être soutenu dans cette période particulièrement difficile. Votre médecin peut également vous orienter et vous présenter des solutions capables de vous aider à faire votre deuil.

 

 

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